dans (Info UL) par Jean-Charles Fouchard en novembre 2011

Chômage. L’union locale CGT de Lyon Vaise est « débordée » de travail

   « S’il y a du nouveau en ce moment ? Allez faire un tour à l’union locale de Vaise ou à une autre : vous verrez, avec la crise, ils sont submergés de boulot », glissait récemment Pierre Coquan, le responsable de la CGT du Rhône.

Au lendemain de la publication des – mauvais – chiffres du chômage, nous nous sommes donc rendus, hier après-midi, à la permanence juridique quotidienne de cette union locale, située dans un quartier populaire de Lyon, à l’environnement économique varié (industrie, tertiaire, commerces…). Elle couvre le 9 e arrondissement, mais aussi le 5 e, ainsi que les communes – privilégiées- de Tassin et d’Ecully. Les fenêtres décorées d’autocollants rouges du syndicat signalent l’entrée, au rez-de-chaussée d’une HLM. A l’intérieur, code du travail à portée de main, trois conseillers du salarié sont affairés à discuter avec des employés en arrêt maladie ou qui craignent d’être mis à la porte par leur entreprise. Comme cette femme de ménage d’une quarantaine d’années. « Mon patron m’envoie des avertissements pour tenter de me coller une faute sur le dos, il cherche à me virer », affirme-t-elle. Elle observe que « depuis 2010 », la pression est « plus importante ». « Avant, ça n’arrivait pas, mais maintenant, les boîtes se gênent de moins en moins pour vous payer deux heures, quand vous en avez fait quatre ! ». Peut-être une conséquence indirecte des économies voulues par les clients des entreprises de nettoyage. Sagement assise, une chômeuse indemnisée attend son tour. Elle vient se renseigner sur ses droits. Jusqu’à une période récente, elle travaillait comme psychologue dans un cabinet de recrutement qui a coulé « parce qu’il n’a pas résisté face aux plus gros ». « Dans mon cas, je ne me fais pas trop de souci pour retrouver du boulot. Mais ça devient vraiment inquiétant. Dans ce cabinet de recrutement, je travaillais avec Pôle emploi sur les formations « Trajectoires emploi » et on a senti une très forte dégradation chez les seniors : c’est très difficile pour les plus de 45 ans ». Ce constat, c’est aussi celui de Jean-Charles Fouchard, le bouillant secrétaire de cette union locale CGT. A l’étage, dans son bureau où se déploie un grand drapeau cubain frappé du visage de Che Guevara, il se scandalise de voir « de plus en plus de gens dans la m…, que ce soit dans l’aide à domicile, la sécurité ou la restauration ». « Et dans les entreprises, souligne-t-il, les plus anciens sont les premiers à dégager, parce que ce sont ceux qui gagnent le plus. On a eu les chiffres de l’agence Pôle emploi de Tassin : la croissance du chômage chez les plus de 50 ans, c’est à +15, +16  % sur un an ! ». Depuis le début de l’année, et plus encore depuis septembre, il se dit « débordé » par les demandes aux permanences juridiques. « Les boîtes licencient huit personnes par ci, quatre par là, pour éviter d’avoir à faire un plan social. Et beaucoup ne donnent pas à leurs ex-salariés les papiers nécessaires : ils ne peuvent alors rien toucher de Pôle emploi, ce qui est grave. Il faut aller aux prud’hommes et on obtient ce qu’on veut mais ça prend un mois et demi… ». On l’interroge pour finir sur sa vision des prochains mois. Il répond : « Je le sens très mal ».

Nicolas Ballet, Source le Progrès

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