CHRONIQUES D’AFRIQUE… ET D’AILLEURS
SOUS LA BOTTE DES DICTATEURS D’AFRIQUE : LES PAVES PARISIENS
Les pavés parisiens verront défiler ce 14 juillet tous les plus grands dictateurs africains, invités par l’Elysée, pour raviver parait-il la mémoire des Indépendances. Cependant, rien n’a évolué depuis la décolonisation et les réseaux africains, modernement baptisés « Françafrique », sont toujours présents, malgré les vigoureux démentis de l’Elysée, qui affirme haut et fort ne plus rien à voir avec…çà.
Pourtant, aidés par la France, la plupart de ces chefs d’Etat qui défileront sous la bannière ‘bleu, blanc, rouge’, emblême national de la France de ces deux derniers siècles, qui symbolisa la répression du peuple insurgé et la victoire pour la liberté, sont ceux-mêmes qui réduisent encore leur peuple à la plus tragique dimension humaine : une impitoyable misère. L’Afrique « d’en bas » n’a jamais valu grand-chose, que ce soit du temps des colonies ou aujourd’hui, puisque la France se targue plus que jamais de conserver une amitié toute particulière avec ces hôtes d’un goût douteux, amitié d’ailleurs jamais démentie tout au long des présidences successives ; ainsi ce sont des Sassou N’Guesso (Congo Brazaville), Biya (Cameroun), Compaoré (burkina Faso), Gnassingbé (Togo), Déby (Tchad), tous ayant commis des massacres délibérés sur leur peuple, torturés, emprisonnés, qui viendront s’assurer du soutien indéfectible de la France amie.
Combien de ces baudauds qui vont s’ébaubir ce jour là devant le spectacle républicain savent-ils que la France poursuit depuis plus de cinquante ans sa politique de spoliation des richesses des pays africains, autrefois sous la bannière de la colonisation, maintenant sous celle de la néo-colonisation. La colonisation utilisait jusqu’à épuisement les réservoirs abondants de main-d’œuvre humaine ; la néo-colonisation ne fait pas moins, puisqu’il n’est que d’observer ce qui se passe dans les plantations d’hévéa ou chez les producteurs de cacao par exemple, pour s’apercevoir que les mêmes méthodes sont appliquées. Les temps ont changé mais les pratiques demeurent…
Combien de ces badauds savent aussi que la France s’est rendue complice des assassinats des Thomas Sankara (Burkina Faso), Sylvanus Olympio (Togo), Medhi Ben Barka (Maroc) et d’autres…qui ne servaient pas ses intérêts directs. Du Maghreb à l’Afrique noire, la France a œuvré et continue d’oeuver dans l’ombre de ses réseaux, longue chaîne de ramifications complexes et obscures, qui s’étendent de Foccard (sous De Gaulle) à Sarkhozy, en passant par tous les gouvernements intermédiaires, qu’ils soient de Droite ou de Gauche d’ailleurs.
Combien de ces badauds savent encore que c’est l’Europe qui fabrique les sans-papiers, les clandestins, qui les exploite et les expulse…
Oui, les Champs seront beaux ce 14 juillet, mais cette fois-ci fleurira sur nos illustres pavés élyséens et sous l’orgueilleuse et impérissable « grandeur » de la France, une autre bannière moins glorieuse, celle de la honte, symbolisée par toute la cohorte des dictateurs présents ce jour-là, martelant le pavé de leurs bottes…
Joëlle RAMAGE